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11 Juin, Matthieu Biasotto

11 juin 2017… Ah mais non, nous sommes en réalité le 05 novembre. C’est dingue comme j’ai toujours l’art de titiller mon planning ! On dirait que je le fais exprès, histoire de raturer les pages de mon Bullet Journal.  Je suis pourtant quelqu’un d’organisée, planifiant à l’avance les articles de mon blog, prenant le temps de peser mes mots afin de vous attirer en douceur dans les pages des auteurs dont j’aime partager les écrits. Mais comment est-ce possible ?  Petit changement de programme donc, même si nous ne sommes plus le 11 juin. Léger glissement de terrain… dérapage vers cette date qui ne me parle pas spécialement, outre peut être ce nombre 11, indirectement connecté à une série d’attentats tristement célèbres. Oui, aujourd’hui, j’avais prévu d’aborder avec vous « La voleuse de livres » du très touchant Markus Suzak, mais … venant de refermer ENCORE un livre de Matthieu Biasotto, il me fut impossible d’attendre pour partager à chaud mes impressions sur ce thriller on ne peut plus surprenant.

Résumé

Il est des jours que rien ne peut effacer, pas même le temps. Des jours sombres, si noirs qu’ils reviennent nous torturer, laissant planer leur ombre sur nos existences fragiles. Le 11 juin, elle a tout perdu, au point de s’égarer. Puisque la vie n’attend pas et que le passé semble insurmontable, elle s’est fait une promesse.

Déchirée entre la peur d’oublier et le besoin viscéral de libérer son âme, ce qu’elle va faire de cette journée lui appartient. Et ce qu’elle s’apprête à vivre risque de la marquer pour toujours, parce que parfois, les choses ne se passent pas comme prévu.

C’était un 11 juin et cette promesse, vous ne l’oublierez jamais.

Pourquoi lire 11 juin ?

Et bien quand l’auteur vous dit que cette date vous ne l’oublierez jamais… Alors disons que vous ne l’oublierez jamais ! Attendez… J’essaye de vous plonger dans le décor (mais juste pour vous mettre l’eau à la bouche, promis !). Imaginez « Elle », notre héroïne, une nana perdue, complètement déprimée, un peu (beaucoup) au bout de sa vie et pourtant décidée à se reprendre en mains.

Ses intentions y sont, certes… Mais quand elle croise sur sa route cet espèce de beau gosse qui, par le plus grand des hasards (si si, j’insiste !), lui fait le coup  de « Pitié, ma voiture est en panne, vous n’allez pas me laisser là ? », elle a la force de lui tenir tête préférant continuer son chemin. Puis quand cet espèce de… (oups, reste calme Marie, reste calme) la relance avec le: « Ne me laissez pas tomber, pitié, pas aujourd’hui ! Surtout pas aujourd’hui » et qu’aujourd’hui n’est autre que le 11 juin… Et bien « elle », touchée par cette date, finit par le laisser monter à bord.

Chut ! je blogue...Purée, mais est-ce qu’on fait entrer quelqu’un qu’on ne connaît pas dans sa voiture, je vous le demande moi ? Qui plus est alors que l’on se trouve à des kilomètres de la moindre civilisation. Non mais où va-t’on ? Elle n’a jamais regardé de thrillers celle-là ? Je veux bien admettre que la dépression nous pousse dans des décisions parfois stupides, mais  The Hitcher, tout le monde connaît, enfin, pas elle apparemment !

Et évidemment c’est qui qui en ajoute une couche en jouant avec nos nerfs de chapitre en chapitre ? C’est Monsieur Biasotto en personne ! Pourtant on lui pardonne car la subtilité de cet écrivain ne peut pas nous laisser indifférent. Tout est calculé. Chaque fait se déroule au moment opportun.  Par exemple, je ne suis pas restée insensible au petit clin d’oeil qu’il a porté au groupe Aaron avec ce judicieux morceau qu’est « U-turn (lily) ». Cette chanson prenant tellement de valeur au fil des pages, bravo, quelle perspicacité ! Merveilleux choix en tous points !!!

Bref, la chute d’un livre est primordiale pour me captiver, alors disons qu’ici encore, je n’ai pas été déçue, loin de là. Je m’attendais à beaucoup de choses, mais pas à cette fin. J’aime être déroutée surtout quand « les choses ne se passent pas comme prévu » !

Extraits:

« Quelques fois, en terminer et tirer un tait, ça me paraît être une bonne idée. Oui, quelques fois je songe à le tirer, mon trait. Sauf que j’veux pas tirer un trait juste pour tirer un trait. Moi, je veux faire une rature, une putain de rature qui se voit de loin. Je veux noircir la page à en déchirer le papier, je veux pleurer sur ma feuille et que ce soit moche comme l’épreuve que je dois endurer. »

« Je suis terrifiée à l’idée de le transporter même s’il prétend être une belle personne. J’ai peur de le laisser entrer dans ma vie, de l’inviter dans mes blessures. J’ai tellement peur de m’ouvrir et de lever le voile, ne serait-ce qu’un tout petit peu, sur le drame qui m’empêche de vivre et sur ce que j’ai prévu pour ce 11 juin.
Je crains de faire une bêtise irréversible, pourtant, j’hésite. L’espace d’un instant, je m’attarde sur le coquelicot sans trop savoir pourquoi. Certainement pour y trouver des réponses que je n’ai pas. Après tout, cet homme a évoqué l’importance de cette journée lui aussi. Il a dit « aujourd’hui » et ça pèse dans ma balance. »

« On m’a volé l’envie de vivre, on a saccagé la seule chose qui me faisait tenir debout. On m’a privée de l’essentiel, on m’a privée d’air, de sourires et d’amour. »

Published in Non classé

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