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Alex, Pierre Lemaitre

La pauvre petite Alex ! Déjà jugée alors que je ne l’avais pas encore rencontrée… Pas bien ça Marie ! Alors, j’ai décidé de faire mon Mea Culpa en lui dédiant cette chronique. Il faut dire que passer après « Le purgatoire des innocents » de Karine Giébel, n’était pas à son avantage. C’était la jeter en pâture dans cet univers bien cruel qu’est celui du monde désolant du thriller.

Facile pour nous simples lecteurs de critiquer, juger et parfois démolir tant d’heures de travail cachées derrière la plume d’un écrivain (qu’il soit connu ou non faut il le préciser). Surtout, qu’en toute honnêteté, nous sommes (nous les lecteurs) bien incapables de coucher un semblant d’histoire sur papier.

Mais il est dans la nature de l’homme de placer la barre très haut. Le luxe de s’offrir des exigences de plus en plus élevées. Il est tellement simple de se conditionner à apprécier ou non un bouquin avant de ne l’avoir lu. Raison pour laquelle j’ai décidé de laisser ma lecture précédente de côté et de faire abstraction de toute pseudo comparaison pour vous donner mon avis, le plus neutre soit-il.

Résumé

Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée et livrée à l’inimaginable ? Mais quand le commissaire Verhoeven découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne.

Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l’on retrouve le talent de l’auteur de Robe de marié.

Pourquoi lire Alex ?

Chut ! je blogue...Personnellement, j’ai trouvé l’histoire bien ficelée. Un peu déroutante… Certes ! Soyons pragmatiques. Alex c’est un livre construit en trois parties distinctes dont certains vous diront que la dernière est un peu tirée en longueur. Mais moi, je ne suis pas d’accord. C’est cette troisième partie qui justement donne un sens aux deux précédentes. (Oui, je sais, ça fait très mathématiques tout ça !) Une chute séduisante qui tire sa révérence sur des mots simples, mais tellement chargés de sens.

Pierre Lemaitre est un écrivain structuré. Ne m’en déplaise. Musique Maestro: vous voici en train de danser une valse à trois temps. Dès les premières pages il nous plonge dans l’intrigue. Un enlèvement des plus sordides. Un décor glacé régi par la peur et animé par des personnages forts en émotion. Quoi de plus banal que ce qui a déjà été lu et relu dans le rayon polar. Mais ce que j’aime particulièrement, c’est qu’il ne se perd pas dans des détails futiles. Il va droit au but. Et franchement, ça fait du bien d’être épargné de tout ce blabla inutile, dont se parent certains auteurs, histoire d’ajouter un maximum de texte à leur oeuvre.

Chut ! je blogue...Et puis il nous retourne comme une crêpe (sans nous demander notre avis, bien évidemment). Cet enlèvement n’est en fait que le prélude à une véritable chasse au tueur en série. Mais qui est la victime ? Qui est le bourreau ? Nos repères deviennent flous. L’atmosphère est des plus poisseuses. L’horreur nous tient en haleine dans les moindres détails. Mais est-ce bien réel ? Est-ce bien la pauvre petite Alex dont il s’agit ?

Enfin, cette troisième partie que l’on pourrait croire absolument inutile, voire superflue. Il n’en n’est rien, que du contraire. C’est là que Pierre sort les atouts de son jeu. La façon avec laquelle il va retourner la situation est un beau coup de (Le)maître ! Jusqu’aux derniers mots je me suis demandée où il voulait en venir. J’ai essayé de comprendre qu’elle était la raison de cette troisième partie. Et puis il y eu cette phrase, la dernière du livre …  Mais je vous laisse la découvrir !

Extraits:

« – C’est une fillette, dit Louis.
– T’es pas bien ? Elle a au moins trente ans !
– Non, pas la fille. La cage. ça s’appelle une « fillette ».
Et comme Camille fronce les sourcils, interrogatif :
– Une cage où on ne peut pas tenir ni assis ni debout.
Louis s’est arrêté. Il n’aime pas étaler ses connaissances, il sait qu’avec Camille… Mais cette fois, Camille lui fait un signe agacé, allez, magne-toi.
– Le supplice a été crée sous Louis XI, pour l’évêque de Verdun, je crois. Il y serait resté plus de dix ans. C’est une sorte de torture passive très efficace. Les articulations se soudent, les muscles s’atrophient… Et ça rend fou ».


« C’est bien de vous ça, commente Camille. Pas assez de courage pour dire ce que vous pensez, pas assez de sincérité pour penser ce que vous dites ».


« Vous avez montré que vous n’êtes pas ennemi de l’humour noir, monsieur Vasseur, je vais donc me permettre une pointe d’esprit. Je dirai que cette fois, c’est Alex qui vous a baisé ».


« Bah, la vérité, la vérité…Qui peut dire ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, commandant ! Pour nous, l’essentiel, ce n’est pas la vérité, c’est la justice, non ? »

Published in Mes livres

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