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Ewa, Matthieu Biasotto

Aujourd’hui je tenais à vous faire une petite confidence: j’ai passé une nuit avec Matthieu Biasotto.  Oui oui, Mesdames et Messieurs, vous avez bien lu !! Une nuit entière, de longues heures durant, rien que lui et moi, bercés par le silence de la pénombre, luttant contre le sommeil grâce à ce doux nectar appelé … café, ne voulant mettre en rien fin à ce rendez-vous qui fut pour le moins surprenant ! Il faut dire que j’avais déjà fait sa connaissance il y a quelques semaines déjà, par le biais de l’attendrissant Tomato-Ketchup (sorti tout droit du « Supplément d’âme »), puis grâce à Pauline Malinowski (La pauvre, « Persécutée » depuis que sa route croisa celle de la folie). Alors j’ai décidé de remettre le couvert avec Ewa, sauf qu’elle, je n’ai pas su aller me coucher avant de savoir comment son destin allait se terminer.

Résumé

Elle s’appelle Ewa. Elle est particulière. Elle ne doit jamais se regarder dans un miroir. Jamais. Son don étrange est une malédiction qu’elle ne maîtrise pas. Son passé est difficile à porter. Il lui est impossible de partager son secret. Elle ne peut faire confiance à personne.
Enfermée « pour son bien » à Miedzeska, dans une pension pour filles au cœur de la Pologne, Ewa survit entre humiliations et sévices. Elle serre les dents en rêvant d’évasion, mais personne ne s’échappe de cet internat.
Alors pourquoi des filles disparaissent-elles sans laisser de traces ? Que deviennent-elles ? Et surtout… qui sera la prochaine ? Ewa ne doit jamais céder à l’appel des miroirs, elle le sait. Elle a juré. Et si la vérité se cachait dans son reflet ?

Pourquoi lire Ewa ?

Chut ! je blogue...Et bien, pour commencer,  car la couverture d’Ewa en dit long … très long ! Une des forces de cet écrivain (et non des moindres) est qu’il prend un soin tout particulier à travailler le design de ses couvertures, alors évidemment, moi, la petite graphiste de service, j’ai cédé. J’ai voulu voir si son ramage se rapportait à son plumage et… Bingo ! Je peux vous assurer que oui !

Un des atouts de Monsieur Biasotto est qu’il est, comment dire ? Terriblement minutieux. Lentement, il tisse sa toile, plaçant les mots les uns après les autres, tout en finesse, avec la naïveté d’un enfant à qui on donnerait le bon Dieu sans confession. Subtil, il révèle les indices de son histoire juste quand il le faut. Mais derrière cette douceur se cache un sadisme tellement sournois qu’on ne peut en être que surpris ! Whaooo… C’est un peu comme Dexter si vous voyez ce que je veux insinuer !!! Mais où se trouve donc la frontière entre cette douceur et tant de noirceur ?

C’est comme si je m’étais installée devant mon écran de télévision et que j’avais appuyé sur la touche « Play »… je peux tout vous décrire: les personnages, le décor, le temps, … Les chiens… Qu’est-ce que j’ai apprécié ma couverture magique. Je me suis rongée les ongles en me demandant à qui on pouvait encore faire confiance, je me suis attachée à certains personnages, puis j’ai changé d’avis, je les ai détestés ! Bref, je me suis fais manipuler tout au long des pages. C’est simple, je me suis tellement prise dans l’histoire que j’ai pu ressentir le froid et la puanteur de ce camp de concentration … ah non, c’est un pensionnat pour filles ?!  Oups … pas la même chose ???

J’ai même essayé de placer ma fille de 15 ans, (parfait, puisqu’il s’agit de l’âge de notre héroïne) dans le contexte et dans certaines situations du livre, voulant savoir comment « elle » (avec son âge rebelle) aurait réagi. Elle m’a regardée d’un air dubitatif, levé un sourcil interrogateur et répondu le plus naturellement du monde: « euh…. J’ai oublié de faire la vaisselle où ça se passe comment ? ».

Bref, Ewa n’est pas le premier livre que je lis de Matthieu Biasotto et, certainement pas le dernier. Il vit dans un univers perturbé dans lequel j’aime m’évader. C’est un artiste à part entière qui a aussi le don de peindre (admirablement bien d’ailleurs). Il gagne à être connu !!!

Extraits:

« Du pire naissent la lumière, la chaleur et l’humanité qui manque tant à cet internat. »

« Ma mère est furieuse, j’ai désobéi. Sa paume s’abat sur ma figure une nouvelle fois, mais ça ne suffit pas. Elle lève la main et s’apprête à récidiver. Je représente l’échec de sa vie, la trace indélébile témoignant de ses mauvais choix, la mauvaise graine qui prolonge son union désastreuse avec mon père. Je suis l’erreur de parcours qu’elle compte redresser à grands coups de claques. »

« Les amortisseurs de la Fiat sont soulagés d’un premier poids. Puis rapidement d’un second et d’un troisième. Trois corps. Je n’ai pas eu l’occasion de leur dire adieu. Ni même pardon. »

Published in Mes livres

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