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La couleur des sentiments – Kathryn Stockett

La couleur des sentiments

Et si nous faisions un petit test ? Très simple, je vous rassure, juste pour le fun, histoire de bien engager ma chronique… je vous donne un verbe et en échange vous lui attribuez une couleur. Prêt ? Alors on se concentre, mais attention, avant de commencer, je tiens à fixer quelques règles. C’est connu, tout jeu possède un règlement à suivre non ? J’ai donc décidé de ne pas prendre en considération nos amis noir et blanc puisque, techniquement parlant, ces deux nuances ne sont pas considérées comme des couleurs. Je pourrais vous en expliquer la raison certes, mais je crains qu’en le faisant mon petit côté scientifique ne vous effraie et ne nous éloigne du sujet. Donc… pas de noir ni de blanc et je vous annonce le verbe … « AIMER« .

Ce verbe transitif (du latin « amare ») qui signifie, je cite: avoir pour quelqu’un… de l’affection, de la tendresse, de l’amitié ou de la passion, est un mot tellement flou, imprécis, large dans sa définition. Il dégage par sa seule force de nombreux tabous, de multiples jugements et d’incroyables limitations et dans ce roman, superbement écrit par Kathryn Stockett, ces dernières valeurs prennent beaucoup d’ampleur, surtout en nous privant du noir et du blanc !!! Alors dites-moi, de quelle couleur se vêtiraient dès lors vos sentiments ?

Résumé

La couleur des sentimentsChez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui ‘la élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

Pourquoi lire « La couleur des sentiments » ?

Car son thèChut ! je blogueme principal reste malheureusement toujours d’actualité: le racisme. Même si cinquante années nous séparent de cette histoire, que soit disant en passant nos moeurs ont évolué, je reste dubitative face à la bêtise humaine qui nous permet de juger trop facilement les gens selon leurs couleurs, leurs religions, leurs appartenances sexuelles ou tout simplement leurs différences ! Qui s’octroie le droit de nous interdire d’aimer, de nous afficher avec qui nous le voulons et ce, en toute simplicité ? Sommes-nous donc prisonniers d’une société ancrée sur des mentalités établies éternellement sur des traditions n’ayant ni queue ni tête ?

Ce livre je ne l’ai pas lu, je l’ai vécu du début à la fin !!! Ce genre de bouquins que l’on dévore en une bouchée ne sachant plus s’arrêter, voulant savoir à tout prix ce qu’il va se passer. Tout y est présent, à juste dose: amour, humour, violence, suspense, trahisonreflexion, … qui, au final, ne peut faire autrement que de nous ouvrir le coeur et nous aider à grandir. Accorder de l’importance et surtout de l’écoute vis-à-vis des personnes qui nous entourent, peu importe leurs classes sociales, leurs statuts économiques,  leurs langues, leurs âges … il faut juste accepter d’apprendre à voir avec notre coeur et pas toujours avec nos yeux ! Donner sans attendre en retour. Aimer avant qu’il ne soit trop tard.

Extraits:

« Aibileen : Aujourd’hui, je vais te raconter l’histoire d’un extra-terrestre. (…) Un jour, un martien plein de sagesse descendit sur la Terre pour nous apprendre une ou deux choses.
Mae Mobley : Un martien ? Grand comment ?
Aibileen : Oh environ deux mètres !
Mae Mobley : Comment il s’appelait ?
Aibileen : Martien Luther King. (…) C’était un très gentil martien ce Luther King, exactement comme nous, avec un nez, une bouche et des cheveux sur la tête, mais les gens le regardaient parfois d’un drôle d’air, et je crois qu’il y en avait qui étaient carrément méchants avec lui.
Mae Mobley : Pourquoi Aibi ? Pourquoi ils étaient méchants avec lui ?
Aibileen : Parce qu’il était vert. »

« J’ai envie de crier assez fort pour que Baby Girl m’entende, de crier que sale, c’est pas une couleur, que les maladies, c’est pas les Noirs. Je voudrais empêcher que le moment arrive – comme il arrive dans la vie de tout enfant blanc – où elle va se mettre à penser que les Noirs sont moins bien que les Blancs. »

« La laideur, on l’a en dedans. Être laid, ça veut dire être méchant et faire du mal aux autres. Alors, t’es comme ça toi ?
– Je ne sais pas… Je ne crois pas », sanglotais-je.
Constantine s’assit à côté de moi à la table de la cuisine. J’entendis craquer ses articulations enflammées. Je sentis son pouce s’enfoncer dans la paume de ma main, ce qui, nous le savions elle et moi, signifiait, Ecoute. Ecoute-moi bien.
« Chaque jour de ta vie, jusqu’à ce que tu sois morte et enterrée, tu devras te poser cette question et y répondre. »

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Published in Mes livres

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