Skip to content →

La voleuse de livres, Markus Zusak

« Je pourrais me présenter dans les règles, mais ce n’est pas vraiment nécessaire. Vous ferez bien assez tôt ma connaissance, en fonction d’un certain nombre de paramètres. Disons simplement qu’à un moment donné, je me pencherai sur vous, avec bienveillance. Votre âme reposera entre mes bras. Une couleur sera perchée sur mon épaule. Je vous emporterai avec douceur. »

La voleuse de livres. Et si je vous disais que la grande narratrice de ce livre n’était autre que la mort en personne … sortant sa plus belle plume pour nous conter l’histoire de Liesel, une petite fille l’ayant défiée par trois fois et dont elle va … comment dire ? S’attacher je pense !

La Mort. Sommité un peu particulière il faut bien l’avouer. C’est qu’elle sait se vendre la faucheuse… Et vas-y que je me plains d’avoir trop de travail en cette période de guerrerevendiquant ses états d’âmes à qui veut bien la lire… Non mais syndicalise-toi tant que tu y es ! Tu crois que tu peux nous appâter avec ton CV affriolant ? C’est que c’est une bosseuse la petite dame. Le chômage ? Elle ne connaît pas. Se fondant dans la masse, tantôt compatissante aux malheurs des uns, tantôt blâmant les monstres ayant ingéré leur quota d’humanité, elle se la joue artiste à ses heures perdues. Et c’est bien là le problème, car hypnotisé par son nouveau look, il nous est impossible de rester indifférent face à un tel personnage.

« Les gens ne remarquent les couleurs du jour qu’à l’aube et au crépuscule, mais pour moi, une multitude de teintes et de nuances s’enchaînent au cours d’une journée. Rien que dans une heure, il peut exister des milliers de couleurs variées. Des jaunes cireux, des bleus recrachés par les nuages, des ténèbres épaisses. Dans mon travail, j’ai à cœur de les remarquer. »

Résumé

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenu.

Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? Au moins que ce ne soit son secret…

Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres.

Pourquoi lire la voleuse de livres ?

« Ecoutez la mort!
Quand la Mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l’écouter.
Une histoire étrange et émouvante où il est question
– dune fillette ;
– de mots ;
– d’un accordéoniste ;
– d’Allemands fanatiques ;
– d’un boxeur juif ;
– de vols. »

Chut ! Je blogue...Je sais, je me répète, je sais. Mais il est difficile de ne pas être bouleversé après la lecture d’un tel livre ! Je dois vous avouer d’ailleurs, qu’il est celui qui m’a le plus marquée en cette année 2017. D’abord amusée par l’arrogance avec laquelle cette fossoyeuse m’a entraînée dans son roman, très vite je me suis attachée aux autres personnages dont le destin était déjà scellé par l’auteur. Je crois que je reste une grande rêveuse, cantonnée sur ma planète Bisounours où tout se couronne par des happy-ends. Comment ai-je pu être aussi naïve ?

Markus Zusak aborde un sujet grave: le nazisme blotti au centre de son séisme. Trop souvent on oublie que les premières victimes d’une guerre sont ceux qui vivent dans le pays concerné. Privations, tortures, humiliations, souffrances, racisme… ce n’est pas la mort qui tue mais bien les hommes et leurs foutues guerres. L’atmosphère est lourde dans ce village situé aux portes de Dachau.

Et même si notre narratrice nous révèle d’emblée qui elle va emmener avec elle dans les prochaines pages, il nous est impossible de fuir, scotché à chacune de ses syllabes. Sa  douceur et son humanité calmant notre impatience. On s’y attacherait presque… Pourtant le doute s’installe. Et si elle nous menait en bateau ? Si elle nous faisait croire qu’untel allait mourir et qu’il n’en n’était rien … L’espoir de sortir des décombres un quelconque survivant. Alors que la Mort, elle, joue d’emblée cartes sur table. Paradoxal non ?

Et puis il y a l’histoire de ces livres volés. De cette petite fille qui va découvrir le pouvoir des mots avant même d’avoir pu les déchiffrer. Sa prise de conscience sur l’effet que ceux-ci pourront prodiguer. Le réconfort lorsqu’ils seront lus au fond d’une cave, servant de refuge durant des bombardements de plus en plus présents. Puis la haine quand ils seront hurlés par un führer avide de manipulations.

Tant de sujets abordés à travers ces 600 pages: l’amour, la haine, l’espérance, la révolte, … les mots.

Qu’attendez-vous pour octroyer une petite place dans votre bibliothèque à ce magnifique chef-d’oeuvre ?

Extraits

« Je dois reconnaître que durant la période où Hitler fut au pouvoir, aucun être humain ne put servir le Führer aussi loyalement que moi. Il y a une différence entre le cœur d’un humain et le mien.Le cœur humain est une ligne tandis que le mien est un cercle, est j’ai la capacité infinie de me trouver au bon moment au bon endroit.. En conséquence, je trouve toujours des humains au meilleur et au pire d’eux-mêmes. Je vois leur beauté et leur laideur et je me demande comment une même chose peut réunir l’un et l’autre. Reste que je les envie sur un point. Les humains ont au moins l’intelligence de mourir. »
(La Mort).

« Des livres en veux – tu, en voilà. Chaque mur était couvert d’étagères pleines à craquer et pourtant impeccables. On distinguait à peine la peinture. Sur le dos des volumes noirs, rouges, gris et multicolores, les titres étaient imprimés en lettres de toutes les formes et de tous les formats. Liesel avait rarement vu quelque chose d’aussi beau.
Elle sourit, émerveillée.
Dire qu’il existait une pièce comme celle-ci ! »

 

Published in Mes livres Non classé

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *