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Que ta volonté soit faite, Maxime Chattam

Chaque fleur possède son propre message et notre ami le coquelicot ne déroge pas à la règle. Vêtu de rouge éclatant, paré de pétales doux comme la soie, il aime faire croire qu'il est le symbole du repos, de la quiétude et de la consolation, calmant ainsi  les chagrins et favorisant l’oubli. Mais le langage d'une fleur est souvent trompeur et croyez-moi, il n'est pas bon croiser ce pavot sauvage dans un roman de Maxime Chattam !

J'ai longtemps hésité à replonger dans l'univers sombre de cet auteur dont tout le monde parle. La lecture de "La conjuration primitive" m'avait, avouons-le, un petit peu secouée. Mais c'est bien connu, nous sommes tous un peu maso, accro à cette adrénaline de violence que l'on retrouve dans bon nombre de livres ou de séries (notamment sur l'incontournable Netflix pour ne pas le citer). Cette curiosité malsaine qui nous pousse à acheter un thriller bien sanglant plutôt qu'un roman à l'eau de rose. Nous sommes des millions à être contaminés par cet étrange fléau.  Toujours à l'affût d'une histoire plus déroutante que la précédente. Jusqu'où un auteur peut-il aller pour sortir de sa zone de confort ? Oui, je me le suis demandé  et j'ai craqué, parce-que j'aime les coquelicots et que curieusement, je voulais savoir si ma volonté allait être faite !

Résumé:

Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis… S’il n’y avait Jon Petersen.
Il est ce que l’humanité a fait de pire, même le diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin.
Et là… sans doute réveillera-t-il l’envie de tuer qui sommeille en vous.

Pourquoi j'ai aimé "Que ta volonté soit faite" ? 

Chut ! je blogue...Et bien car l'histoire  se situe dans une contrée bien reculée d'une Amérique profonde des années 50-60. Un décor digne du tout bon Stephen King où règne sans répit une violence suggérée. Mais à la différence qu'ici, le fantastique n'a pas sa place. L'atmosphère oppressante dans laquelle nous entraîne Monsieur Chattam n'a de cesse de jouer avec nos nerfs, dressant tout en douceur un portrait bien noir de l'âme humaine.  Tout est dualité dans ce roman: bien contre le mal, luthériens contre méthodistes, père contre fils...Le mal détient enfin un nom et un prénomJon Petersen et il n'inspire que du dégoût. Bourreau d'enfant, sadique brutal, violeur, mari cruel, il ne nous cache rien de sa perversité. Et même si l'auteur essaye de placer un peu d'humanité au fil des pages grâce à l'intervention du shérif Jarvis ou du pasteur Alezza, jamais Jon Petersen n'est inquiété. Son comportement nous dégoûte, nous dérange, pourtant nous restons confinés dans notre mutisme face à de tels atrocités, en tout bon lecteur que nous sommes.  Alors jusqu'où va nous mener ce livre ? Quelle en sera la conclusion

Extraits: 

"Je pense que lorsque des milliers, puis des millions, et enfin des milliards d'individus se mettent à croire en la même chose, siècle après siècle, alors cette chose finit par exister. C'est une loi de la nature."

"Dans les histoires pour enfants il y a des croque-mitaines, à Carson Mills il y a Jon Petersen : le Mal incarné."

"Certains appellent cela le" destin ", d'autres le " choix de Dieu " , et quelques-uns ne se posent pas la question , ils se contentent de vivre."

"Puissiez-vous un jour me pardonner de vous avoir entraîné ici, chez moi, à Carson Mills et au-delà. Mais vous savez ce qu'on dit des livres et des lecteurs qui les choisissent, n'est-ce-pas? On les sélectionne en fonction de nos humeurs, c'est une question d'instinct la plupart du temps. Sous le prétexte du divertissement sommeille la nécessité de confronter nos imaginaires à ce que nous sommes, tout au fond, ou à ce que nous pourrions être. Les livres répondent à nos manques, bien qu'on appelle cela de la "fiction" parce que c'est plus rassurant. Réfléchissez donc à cela."

Published in Mes livres

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