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Toutes blessent, la dernière tue ! Karine Giebel

« Vulnerant omnes, ultima necat. At eae quas ad vos consumpsi me delectaverunt. »

Toutes blessent, la dernière tue. Mais j’ai aimé celles passées auprès de vous…

Non ! Je ne suis pas en train de me convertir en prof de latin, grand bien me fasse ! Ado, disons que j’ai préféré me tourner vers le grec, histoire de contredire tout le monde. Et puis vouant un culte tout particulier à tonton Hadès… Enfin bref, je m’éloigne du sujet. Revenons à nos moutons et surtout à ce livre qui je l’avoue,  ne m’a guère attirée de par sa couverture. Trouvant celle-ci trop « marketing » (oups, ce grand G moi ça me perturbe… rien de tel qu’un peu d’humilité bon sang !). Et puis qui irait se faire tatouer une telle gravure dans le dos ? Mon ainée ? Ah oui … Elle en serait bien capable ! Alors comment j’ai atterri dans cet univers moi ? À votre avis ? Et bien parce-que Madame Giebel elle écrit bien, très bien même. Et quand on entre dans son univers, il est difficile d’en sortir indemne.

Résumé

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Ce que maman a oublié de dire, c’est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais.
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude.
Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer.
Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

Pourquoi j’ai aimé ce livre ?

Chut ! je blogue...

Certains écrivains ont l’art de jouer avec nos nerfs. Fixant les règles sans se soucier du stress qu’ils vont nous infliger après. Ils plantent un décor. Nous présentent leurs personnages (attachants, sinon ce ne serait pas amusant !). Nous injectent ensuite,  par petites doses une série de mots bien étudiés, destinés je présume à titiller notre esprit, à nous déstabiliser, à nous rendre complètement addict. Karine Giebel en fait partie.

Suis-je encore assez crédule pour croire que l’esclavage avait été aboli ?

Article 4 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude. L’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes ».

Pourtant, après dévoré le récit de Tama, même si je sais pertinemment bien qu’il ne s’agit que d’un roman, noir certes, mais un roman tout de même, j’ai la sensation étrange d’avoir vécu un certain malaise face à l’impuissance éprouvée au fil des pages. Je ne vais pas refaire le monde, je n’ai guère ce pouvoir, mais je pense qu’il est important de savoir que l’esclavage (et celui des enfants en particulier) est une réalité qu’il ne faut plus masquer. Nos pays, dits « civilisés« , doivent arrêter de se voiler la face. Je ne sais pas quelles étaient les intentions de l’auteure en entamant son écriture, mais pour ma part, je n’ai pas pu m’empêcher de bifurquer vers quelques articles en rapport avec son sujet et celui du Figaro (que je vous invite à lire) est particulièrement éloquent.

« You may choose to look the other way but you can never say again that you did not know » William Wilberforce – Vous pouvez détourner votre regard, mais vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas…

Comme à l’accoutumée, Karine Giebel tisse sa toile avec une certaine stratégie. D’un chapitre à l’autre, elle jongle adroitement avec ses marionnettes, tirant les ficelles comme bon lui semble. Elle nous embrouille et je pense qu’elle adore ça !  Ce qui est magique avec elle, c’est qu’on dévore des centaines de pages sans s’en rendre compte. Elle nous mène en bateau du début à la fin. Toutes blessent, la dernière tue …  Mais qui blessent vraiment …  les pages ? les phrases ? Curieuse de connaître votre avis.

Extraits

Tout le monde doit porter un nom. Porter un nom, ça veut dire qu’on existe.
Lui choisir un nom, c’est comme lui montrer qu’il compte pour moi. 

Chaque brûlure de cigarette, chaque estafilade, chaque plaie mal recousue lui confère un charme supplémentaire. C’est comme si sa peau était le témoin de sa souffrance, de son courage. Quand je le regarde, je peux lire son histoire en suivant chacune de ces marques. 

A chaque livre, j’ai l’impression qu’une porte s’ouvre quelque part dans ma tête. Les verrous cèdent, les uns après les autres. Un livre, c’est comme un voyage, dans l’espace ou le temps. Dans l’âme des hommes, dans la lumière ou les ténèbres.

C’est fou le nombre de synonymes, qu’il y a pour le verbe tuer, tu ne trouves pas ? Il y en a bien plus que pour le verbe aimer.

J’ai compris qu’être une femme n’était pas forcément une chance 

Published in Mes livres

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